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Douleur · Ondes de choc

Ondes de choc focales

L'énergie concentrée en profondeur, sur le point exact qui fait mal. Pour les calcifications de l'épaule, les tendons épais et les douleurs d'insertion qui résistent depuis des mois. Un équipement encore rare à La Réunion. À Sainte-Clotilde, avec le Dr Kourech Ahmadalli.

Séances
3 à 5
Intervalle
1 à 2 semaines
Durée
10 à 15 min
Anesthésie
aucune
Le bureau du Centre MESOS à Sainte-Clotilde, avec l'appareil d'ondes de choc focales

Ce qui vous amène

  • « Mon épaule me réveille la nuit. La radio montre une calcification. »
  • « Mon talon fait mal au premier pas du matin, depuis des mois. »
  • « Mon tendon d'Achille est épais et sensible à son attache sur l'os. »
  • « Mon coude lâche dès que je serre quelque chose. »
  • « Je ne peux plus dormir sur le côté, la hanche me fait mal. »
  • « Les anti-inflammatoires et la kiné ont aidé, puis la douleur est revenue. »

Le principe

Une onde de choc est une impulsion de pression très brève, de l'ordre de la microseconde. Dans un appareil focal, elle naît hors du corps, d'une étincelle dans l'eau, d'un cristal piézoélectrique ou d'une bobine électromagnétique. Un réflecteur ou une lentille la concentre ensuite en un point, le foyer, que le médecin place à la profondeur voulue : quelques millimètres pour un tendon superficiel, plusieurs centimètres pour une calcification de l'épaule ou l'os.

C'est ce qui distingue les ondes focales des ondes radiales : l'énergie n'est pas maximale à la peau, elle l'est au foyer. La peau et les tissus traversés reçoivent peu, la cible reçoit beaucoup.

Le tissu réagit à cette contrainte mécanique, c'est la mécanotransduction. Les travaux expérimentaux ont montré la formation de nouveaux petits vaisseaux à la jonction du tendon et de l'os, la libération de facteurs de croissance, et une baisse des messagers de la douleur dans les terminaisons nerveuses. Sur une calcification, l'onde fragmente le dépôt et déclenche sa résorption. Chez le patient, ce sont les essais cliniques, plus bas, qui fondent chaque indication.

Focales plutôt que radiales : quand ?

  • Quand la lésion est profonde : coiffe des rotateurs, tendon des ischio-jambiers, grand trochanter chez une personne forte.
  • Quand il y a une calcification à fragmenter : l'épaule calcifiante est l'indication historique.
  • Quand il s'agit de l'os : le consensus international de 2025 recommande les ondes focales à haute énergie pour les fractures de fatigue et les retards de consolidation.
  • Quand la précision compte : une insertion tendineuse de quelques millimètres, comme celle du tendon d'Achille sur le calcanéum.

Pour les tendons et les fascias, le consensus recommande une énergie faible à moyenne, et d'associer les deux techniques quand le cabinet en dispose. Le Dr Kourech Ahmadalli choisit après examen, et combine souvent une séance focale sur le point précis et quelques passages radiaux sur le muscle voisin.

Les indications, région par région

Épaule

  • Tendinopathie calcifiante de la coiffe des rotateurs. L'indication la mieux établie des ondes focales. Une revue de 28 essais randomisés conclut que les ondes à haute énergie réduisent la douleur, améliorent la fonction et font disparaître des calcifications, davantage qu'un placebo. Lire l'analyse des études.
  • Tendinopathie de la coiffe sans calcification. Retenue par le consensus de 2025, en complément de la rééducation.

Coude, poignet et main

  • Épicondylite latérale, le tennis elbow. Accord unanime des experts du consensus. Dans un essai en double aveugle, 61 % des patients traités ont réduit leur douleur d'au moins la moitié à 12 semaines, contre 29 % sous placebo.
  • Épicondylite médiale, le golf elbow. Retenue par le consensus.
  • Tendinite de De Quervain au poignet, selon l'examen.

Hanche et bassin

  • Douleur du grand trochanter, dite bursite trochantérienne ou tendinopathie du moyen fessier. Dans un essai de 229 patients, les ondes de choc et les exercices donnaient de meilleurs résultats que l'infiltration à 4 et à 15 mois.
  • Tendinopathie haute des ischio-jambiers, la douleur sous la fesse en position assise. Accord unanime du consensus.
  • Pubalgie et tendinopathie des adducteurs, selon l'examen.

Genou

  • Tendinopathie rotulienne, le genou du sauteur, et tendinopathie quadricipitale.
  • Syndrome de l'essuie-glace, la douleur de la face externe du genou chez le coureur.
  • Arthrose du genou. Une synthèse de 50 essais randomisés, 4 844 patients, conclut à une amélioration de la douleur et de la fonction. Le geste s'intègre alors dans un plan plus large : exercices, poids, parfois viscosupplémentation.

Cheville et pied

  • Tendinopathie d'Achille à l'insertion, sur l'os du talon. Accord unanime du consensus ; la précision du foyer est ici décisive. Lire l'analyse des études.
  • Tendinopathie d'Achille dans le corps du tendon, retenue par le consensus.
  • Fasciite plantaire, épine calcanéenne. Accord unanime. Deux synthèses de neuf essais chacune concluent à un taux de succès supérieur au placebo, sans anesthésie locale. Lire l'analyse des études.
  • Tendinopathie du tibial postérieur, selon l'examen.

Os

  • Fracture de fatigue, retard de consolidation. Ondes focales à haute énergie, selon le consensus. L'indication est posée au cas par cas, avec le chirurgien ou le médecin qui suit la fracture.

Autres

  • Périostite tibiale, la douleur du bord interne du tibia chez le coureur.
  • Points gâchettes et contractures : plutôt les ondes radiales, plus larges.

Le déroulement d'une séance

  1. Le repérage. Le Dr Kourech Ahmadalli localise le point le plus douloureux à la palpation, et s'appuie sur votre imagerie si vous en avez une.
  2. Le réglage. Profondeur du foyer, énergie, nombre d'impulsions : en général 1 500 à 3 000 impulsions par séance, à une énergie faible au début, puis augmentée à ce que vous tolérez.
  3. Le traitement. Du gel, l'applicateur posé sur la peau, 10 à 15 minutes. La sensation est celle d'un martèlement profond, désagréable mais supportable : c'est elle qui confirme que le foyer est au bon endroit.
  4. Sans anesthésie locale. Les essais qui ont comparé les deux façons de faire montrent que l'anesthésie réduit l'efficacité : elle est déconseillée par le consensus.
  5. Le rythme. 3 séances en général, parfois jusqu'à 5, espacées de 1 à 2 semaines. Le bilan se fait à 6 puis 12 semaines après la dernière.

Après la séance

  • Une rougeur et une sensibilité de la zone pendant 24 à 48 heures sont habituelles. La douleur peut augmenter un ou deux jours avant de diminuer.
  • Pas d'anti-inflammatoire ni de glace dans les jours qui suivent : la réaction inflammatoire fait partie du mécanisme. Le paracétamol reste possible.
  • Reprise de l'activité en douceur. Les exercices prescrits, souvent excentriques, se poursuivent : les études montrent que l'association fait mieux que chaque traitement seul.
  • Le résultat se construit sur 6 à 12 semaines, le temps que le tendon se réorganise.

Effets indésirables

Pendant la séance : la douleur, réglée par l'énergie. Après : rougeur, petit œdème, parfois des pétéchies ou un hématome, une aggravation passagère. Les complications sérieuses, comme une rupture tendineuse, sont exceptionnelles ; elles ont surtout été décrites après des infiltrations répétées de corticoïdes, d'où le délai demandé ci-dessous.

Quand ce n'est pas indiqué

  • Grossesse.
  • Tumeur dans la zone à traiter, infection locale, plaie.
  • Trouble de la coagulation ou traitement anticoagulant : à évaluer, l'énergie est alors réduite ou le geste reporté.
  • Cartilage de croissance encore ouvert, chez l'enfant et l'adolescent.
  • Poumon, gros vaisseaux ou nerf principal dans le foyer.
  • Infiltration de corticoïde dans la zone au cours des six dernières semaines.
  • Stimulateur cardiaque : précaution, selon l'appareil et la zone.

Ce que disent les études

  • Épaule calcifiante. 28 essais randomisés analysés : les ondes à haute énergie font mieux que le placebo sur la douleur, la fonction et la disparition des calcifications. Bannuru, Ann Intern Med, 2014.
  • Coude. 114 patients, double aveugle, sans anesthésie : 61 % de patients améliorés d'au moins 50 % à 12 semaines, contre 29 % sous placebo, et le bénéfice se maintient à un an. Pettrone, J Bone Joint Surg Am, 2005.
  • Talon. Neuf essais, 935 patients : taux d'amélioration plus élevé qu'avec le placebo, les ondes focales en tête. Sun, Medicine, 2017.
  • Genou arthrosique. 50 essais, 4 844 patients : douleur et fonction améliorées, d'autant plus que l'énergie et la durée du traitement sont adaptées. Liao, Clin Rehabil, 2019.
  • Consensus international 2025, 41 experts, 13 pays : indications, énergies, nombre de séances. Rhim, Br J Sports Med, 2025.

Questions fréquentes

Est-ce que ça fait mal ?

Oui, pendant la séance : un martèlement profond sur le point douloureux. L'énergie est réglée à ce que vous supportez, et augmente séance après séance. Aucune anesthésie n'est nécessaire.

Au bout de combien de temps voit-on un résultat ?

Souvent une première amélioration après la deuxième ou troisième séance, puis une progression sur 6 à 12 semaines. Les tendons se réparent lentement : le bilan se fait à trois mois.

Ondes focales ou radiales, lesquelles choisir ?

Les focales pour la profondeur, les calcifications et l'os ; les radiales pour les tendons superficiels, les fascias et les muscles. Le Dr Kourech Ahmadalli décide après examen et peut associer les deux. Lire la comparaison complète.

Peut-on faire des ondes de choc après une infiltration ?

Oui, après un délai d'environ six semaines, pour laisser au tendon le temps de retrouver sa solidité.

Faut-il arrêter le sport ?

Non, sauf douleur aiguë. On adapte la charge, on garde les exercices prescrits, et on évite les efforts maximaux les deux jours qui suivent une séance.

Est-ce remboursé ?

Les séances d'ondes de choc ne sont pas prises en charge par l'Assurance maladie. Le tarif est indiqué avant la première séance.

Sources

  1. Rhim HC et al. International consensus on the use of extracorporeal shockwave therapy in musculoskeletal conditions. Br J Sports Med, 2025.
  2. Bannuru RR et al. High-energy extracorporeal shock-wave therapy for treating chronic calcific tendinitis of the shoulder: a systematic review. Ann Intern Med, 2014.
  3. Pettrone FA, McCall BR. Extracorporeal shock wave therapy without local anesthesia for chronic lateral epicondylitis. J Bone Joint Surg Am, 2005.
  4. Sun J et al. Extracorporeal shock wave therapy is effective in treating chronic plantar fasciitis: a meta-analysis of RCTs. Medicine, 2017.
  5. Lou J et al. Effectiveness of extracorporeal shock wave therapy without local anesthesia in patients with recalcitrant plantar fasciitis. Am J Phys Med Rehabil, 2017.
  6. Rompe JD et al. Home training, local corticosteroid injection, or radial shock wave therapy for greater trochanter pain syndrome. Am J Sports Med, 2009.
  7. Liao CD et al. Clinical efficacy of extracorporeal shockwave therapy for knee osteoarthritis: a systematic review and meta-regression of randomized controlled trials. Clin Rehabil, 2019.
  8. Wang CJ. Extracorporeal shockwave therapy in musculoskeletal disorders. J Orthop Surg Res, 2012.

Lire aussi : ondes de choc radiales, focales ou radiales, la comparaison, mésothérapie de la douleur, infiltrations et viscosupplémentation, tous les traitements de la douleur.

Prendre rendez-vousTous les traitements de la douleur

Le Dr Alain Duport, médecin du sport à Saint-Paul, a formé le Dr Kourech Ahmadalli à ces techniques pendant trois ans. La rigueur dans le choix des appareils et des indications vient de lui : il a inspiré et guidé cette pratique, et les deux cabinets travaillent toujours en lien.